L’éclairage

La première question qui s’impose lorsque l’on se penche sur le problème de l’éclairage de notre aquarium est : pour qui ?

En effet, s’il s’agit d’un aquarium de cichlidés par exemple, où les plantes ont peu de chances d’avoir leur place, il servira surtout à rythmer les journées et sera choisi pour son rendu visuel et pour le bien-être des poissons, qui adopte en effet un certain comportement en fonction de l’intensité de la lumière. Augmentée brutalement par exemple, elle peut déclencher le frai (la reproduction) de certaines espèces.

D’autres se sentiront plus à l’abri sous une lumière diffuse (zones d’ombres) etc etc…

S’il est question de faire pousser des plantes, comme dans un bac de type Amazonien, le problème est un peu plus complexe : les besoins des plantes et des algues en terme de lumière sont différents : les algues exploitent principalement le spectre bleu, alors que les plantes se servent de toutes les longueurs d’ondes, avec une préférence pour le rouge. Il faut en tenir compte si l’on veut obtenir une croissance correcte des plantes, et non pas des algues.

Quelques notions rapides :

L’IRC (indice de rendu des couleurs)

– L’IRC exprime la capacité d’une source lumineuse à faire ressortir l’ensemble des couleurs visibles pour un point donné (température de couleur), par rapport à l’émission que produirait le corps noir parfait de Planck, chauffé à la même température.
En d’autre terme, plus l’IRC d’un tube sera important, plus celui ci sera à même de restituer fidèlement les couleurs à une température de couleur (exprimée en ° Kelvin) donnée. On choisira donc des tubes ayant un IRC supérieur à 80 et une température de couleur entre 4000 et 7000 ° K maxi

Le spectre : 

Nos yeux sont sensibles principalement aux longueurs d’ondes vert-jaune qui compose le spectre de la lumière. Le spectre idéal pour beaucoup (tout est subjectif et dépend des préférences de chacun), doit être complet et riche en vert-jaune, du type daylight. Mais on peut préférer d’autres tubes qui mettront en valeur de poissons à dominante rouge ou bleue… (ex : triphosphore universel 10 000K). Mais à éviter pour l’aquariophilie d’eau douce en tout cas !
On préférera quand même les tubes daylight à 6000/6500 kelvin maximum pour éviter les poussées d’algues filamenteuses et il est possible, lorsqu’on a plusieurs tubes, de coupler les daylight, avec des tubes spéciales plantes qui eux auront entre 3000 et 4000 kelvin

Le spectre est en quelque sorte l’aspect qualitatif de l’éclairage. C’est une notion importante pour la croissance des plantes : si elles ne reçoivent pas le bon spectre, elles seront disharmonieuses et pousseront soit en hauteur, soit en largeur, ou présenteront des couleurs anormales.

Le flux lumineux 

Il s’agit là du rendement lumineux, donc de l’aspect quantitatif de l’éclairage. Si le bac n’est pas destiné à recevoir des plantes, ou uniquement des plantes de zones ombragées et/ou peu exigeantes en lumière (anubias par ex), un flux lumineux assez faible peut suffire… Dans le cas d’un bac planté d’espèces moyennement exigeantes, un rendement moyen, et dans le cas de plantes très demandeuses, un flux lumineux fort accompagné de tous les nutriments nécessaires aux plantes est obligatoire.

Mais comment défini-t-on cette quantité? 

En se basant sur la puissance en watt et en tenant compte de la diminution de l’efficacité lumineuse (qui varie selon les marques et correspond à la durée de vie d’un tube ou d’une ampoule en heures), on utilise ces valeurs :
1w pour 4 litres d’eau = éclairage faible
1w pour 3 litres d’eau = éclairage moyen
1w pour 2 litres d’eau = éclairage fort
1w pour 1 litre d’eau = éclairage intense

La durée

Elle est en rapport avec les conditions présentées sous les tropiques, et se règle entre 10 et 12 heures par jour, en continu, selon l’équilibre qui se met en place dans le bac (il suffit parfois d’augmenter ou de diminuer un peu cette durée pour voir apparaître/disparaître certaines algues).

Les U.V.

On distingue trois catégories:

-UV A, qui entrent dans le processus de la photosynthèse des plantes et favorisent les cyanophycées (algues bleues), non nocifs

-UV B, absolument inutilisé aussi bien pour les plantes que pour les poissons (à la différence des reptiles), ils sont nocifs à forte dose et provoquent parfois des retards de croissance

-UV C , utilisés dans les stérilisateurs UV pour leur vertu germicide, ils sont extrêmement nocifs et ne doivent JAMAIS être utilisés en éclairage.

Le choix proposé:
Différents types d’éclairage

La plupart du temps ce sont les néons qui sont proposés pour les aquariums ne dépassant pas 60 cm de profondeur. Au-delà, l’intensité lumineuse des néon est trop faible et l’on doit envisager l’utilisation de spots avec des ampoules HQL ou HQI (surtout pour l’eau de mer).
Les tubes aquariophiles sont pour la plupart les mêmes que les tubes industriels, en beaucoup plus chers évidemment. Ces derniers se cherchent un peu (pages jaunes, électricité gle, matériel, détails, ou en demandant la liste des détaillants Philips ou osram).

La nouvelle technologie T5:

Il est intéressant de savoir que la puissance annoncé sur le tube fluorescent ne correspond pas à la puissance électrique consommée, en effet, 10% sont consommés par le ballast magnétique. D’autre part, le flux lumineux d’un tube est donné pour une température de 25 °C, ce flux diminue avec l’élévation de température.
Il existe depuis peu des tubes de technologie T5, leur diamètre passe de 26 mm à 16 mm, à longueur égale, ces tubes ont une puissance plus importante

EX:
tube T8(26 mm) en 1,20m = 36W
tube T5(16 mm) en 1m20 = 54W

Les tubes T5 nécessitent un ballast électronique pour fonctionner, ils chauffent moins et ont une durée de vie supérieure. Leur flux lumineux est donné pour une température de 35 °C qui correspond mieux à la température réelle dans la galerie de l’aquarium. Globalement, à luminosité égale, la consommation électrique diminue de 30% à 40%.

Conclusion :

Un spectre complet, avec UVA mais sans UV B (ou presque) et un rapport flux/litre suffisant est un bon compromis, en sachant qu’il est tout à fait possible de combiner différents types d’éclairage.
Entre autres, parmi les tubes T8 (diamètre normal) utilisés, nous avons parmi les moins chers:

OSRAM BIOLUX : Température : 6500°K, IRC=97, équivalent du philips TLD 965
OSRAM 11-860 : Température : 6000°K, IRC = 85, équivalent de sylvania daylightstar et du philips TLD865

et bien d’autres encore, évidemment.

Elobulle © AQUA débutant

Le thermoplongeur

Le chauffage de l’aquarium

Vous n’aimez pas plonger dans une eau trop fraîche à la piscine ou prendre une douche froide ? Vos poissons tropicaux n’aiment pas y vivre non plus…Nous allons donc parler un peu du thermoplongeur…Mais qu’est ce que c’est que ça ?

jager-eheim-chauffage.jpg

Dans chaque aquarium d’eau tropical, un système de chauffage est indispensable puisque à part quelques espèces, les poissons nécessitent une certaine température qui varie souvent entre 20 et 28 degrés(toujours selon les espèces).

Il est également important de choisir des espèces de poissons supportant la même température dans votre aquarium.
N’oubliez jamais que les différentes espèces vont vivre ensemble dans votre bac.
Leurs besoins doivent être à peu de chose prés identiques, dont la température de l’aquarium.

L’appareil le plus couramment utilisé pour réguler cette température est un thermoplongeur, souvent d’ailleurs livré avec l’aquarium acheté en kit (très souvent de sous-marque pas très fiable).
Il est important d’investir dans un bon thermoplongeur dés qu’on le peut, et conserver celui d’origine en cas de dépannage (si les moyens nous le permettent évidemment).

Quelle puissance prendre pour mon volume ?

La puissance du thermoplongeur, s’exprime en watt/litre.
Son choix dépend du volume de votre bac mais aussi de la température moyenne de votre pièce où se trouve votre aquarium.
Comptez en moyenne 1 watt pour 1 litre si votre température de pièce est normale, disons pièce à vivre (salon, salle à manger, chambre, hall d’entrée etc…
Si par-contre votre pièce est peu chauffée, prévoyez 1,5 watt/litre.
Attention toutefois à ne pas voir trop à la hausse la chauffage, car les poissons risquent de ne pas apprécier une surchauffe.

Le réglage

Le principe du réglage est le plus souvent, avec une molette à tourner pour régler la température voulue et indiquée sur le thermoplongeur.
Privilégiez ce type de réglage pour le thermoplongeur.

Le choix du thermoplongeur

Il est important si vous devez faire l’achat d’un thermoplongeur de privilégier une marque connue et reconnue pour sa fiabilité afin d’avoir un contrôle et un suivi de bonne qualité.

Un thermoplongeur défaillant on va dire qu’il est « collé « , concrètement ce terme veut dire : qu’il ne s’arrête plus de chauffer et la température de votre aquarium grimpe rapidement, ce qui vous le comprendrez, est mortel pour les habitants de votre bac !

Le prix moyen d’un bon thermoplongeur en 2012 est d’environ 25 à 30 euros.
Quelques exemples de bonne marques à privilégier qui ont fait leur preuve : Eheim, Jäger, Aquarium systems Newatt Pro, Tetra et Tetratec…

L’installer oui, mais où ça ?

Installez-le près de la sortie du filtre, là où l’eau est en mouvement (près du rejet de l’eau) il sera à cet endroit plus homogène.
Réglez votre thermostat, et après quelques jours, contrôlez la température et ajustez si besoin.
Il est possible qu’il y ait un écart de 1 ou 2 degrés entre la température annoncée par le thermostat et celle de votre aquarium en réalité.
Contrôler régulièrement la température de votre bac. Un thermomètre à mercure est l’outil de contrôle le plus fiable.

Attention ! le thermoplongeur reste un appareil électrique immergé, il est important de le débrancher avant d’y mettre les mains dans l’eau de votre aquarium.

Pour le sortir de l’eau il est important pour la plupart des thermoplongeurs, de l’éteindre 15 minutes avant afin de lui laisser le temps de refroidir.

Alors ne laissez plus vos poissons tropicaux mourir de froid…

©Texte framboizz pour AQUA débutant

Les différentes filtration

La filtration est un élément primordial dans l’équilibre d’un aquarium. Elle est chargée de récolter tous les déchets, débris et autres particules en suspension dans l’eau, assurant ainsi sa clarté. En dehors d’une épuration mécanique, certains filtres dits « biologiques » offrent un meilleur support pour les colonies de bactéries utiles (cf cycle de l’azote), et donc une stabilité plus grande au bac.

Le choix du mode de filtration dépend du litrage, du type de population souhaitée (très pollueuse ou pas, dense ou pas etc…) et enfin, d’une préférence strictement personnelle quant aux divers avantages et inconvénients qu’ils offrent.

Les modes de filtration internes

¤ le bac à décantation interne

:arrow: Il est composé d’une cuve collée dans le bac thermoformée noire dans le cas des aquariums clés en main, en verre ou en plexiglas dans le cas des cuves maison. Sa contenance doit être en relation directe avec le litrage réel du bac afin d’être suffisante, ce qui n’est pas souvent le cas dans les aquariums clé en main.

:arrow: Trois compartiments au moins le composent : l’un pour l’entrée de l’eau, où l’on installe en général la résistance chauffante, l’autre pour les masses filtrantes, le troisième enfin pour la pompe aspirante/refoulante.

:arrow: Il fonctionne sur le principe des vases communiquants, permettant à l’eau d’entrer dans le filtre par le premier compartiment, de passer dans le second par dessus la séparation, puis dans le dernier, sous la paroi cette fois, vers la pompe où elle est aspirée et rejetée dans le bac, filtrée…

:idea: C’est une excellente filtration biologique, si tant est qu’elle soit adaptée au litrage. Elle est pratique, simple et rapide à nettoyer car facile d’accès et d’extraction des masses filtrantes, offre une bonne visibilité de l’encrassement.

:!: Elle présente néanmoins des inconvénients : lors de l’entretien, de nombreuses particules de saletés s’en échappent et retournent dans le bac. Le désagrément n’est que provisoire, car elles sont rapidement aspirées à nouveau lors du redémarrage du filtre… L’inconvénient majeur, selon moi, est la place occupée dans l’aquarium. Et croyez moi, la place est chère quand on est passionné…

¤ Le filtre compact :

:arrow: e plus courant est un filtre cylindrique. Il est souvent réservé aux petits et moyens litrages, principalement en filtration mécanique. Certains ont également des compartiments pour installer du charbon et/ou des masses biologiques.

:arrow: Il en existe cependant des puissants (jusqu’à 2000l/heure si ce n’est plus), de principe très simple : des éléments emboîtables garnis de mousse et rehaussés d’une pompe aspirante de plus ou moins fort débit.

:idea: Dans la même idée, la technique du bloc de mousse percé en son milieu et traversé d’une canne percée reliée à une pompe puissante est utilisée par les possesseurs de très grands bacs (y compris certains aquariums publics… Elle convient à tous les litrage et se fabrique très facilement. :D

¤ le filtre sous sable :

:arrow: Ici, c’est le sable de l’aquarium qui va servir de masse filtrante, ce qui induit une granulométrie supérieure ou égale à 2 mm pour ne pas compacter. Il est aussi impossible d’y associer un sol nutritif de type terreux ou sableux fin. En contrepartie, les déchets retenus par le sables servent d’éléments nutritifs aux plantes.

:arrow: Il se compose d’une sorte de grille légèrement surélevée, recouverte par le sable, et soit :

> d’un bulleur qui, en injectant de l’air, crée une aspiration vers le haut (principe de l’exhausteur), et qui convient aux petits litrages

>d’une pompe refoulante qui aspire directement l’eau pour un débit plus important.

:!: Ce type de filtration ne peut être que temporaire, car chaque nettoyage induit une réfection du bac. 🙄

¤ le filtre à exhausteur :

:arrow: Il fonctionne aussi sur le principe d’injection d’air dans un récipient, sous une masse filtrante simple (mousse). Le récipient est percé en haut et raccordé à un tuyau pour permettre à l’air et à l’eau filtrée d’en sortir.

:idea: Ce filtre est très peu coûteux, bricolable facilement et idéal pour les très petits bacs (alevins ou bettas par ex.)

Les modes de filtration externe

¤ La décantation externe semi-humide :

:arrow: Elle repose sur le principe du trop plein et nécessite le perçage du haut de l’aquarium : une cuve d’un litrage suffisant est placée sous le bac, recevant les masses filtrantes et la pompe de remontée. Celle-ci se charge de renvoyer l’eau vers le bac, qui déborde par le trop plein. L’eau en surplus s’écoule en cascade vers les masses filtrantes, quelle traverse avant de retourner dans le bac par le biais de la pompe etc etc…

:idea: Cette technique peut être adaptée en « filtre-gouttière“ au dessus de l’aquarium : l’eau passe dans une gouttière percée emplie de pouzzolane ou autre, et ressort en cascade dans le bac.

:idea: C’est un excellent moyen de filtration biologique, des plantes pouvant être installées dans une partie de la cuve de façon à assurer une fonction dénitratante (cf article) naturelle. Le volume plus important permet évidemment une filtration plus importante qu’une decantation interne.

:!: Néanmoins, on peut signaler quelques désagréments notoires …
> il faut pouvoir loger cet imposant volume sous le bac
> les différents essais ne sont pas parvenus à atténuer réellement le bruit de la cascade…très important…
> dans le cas d’une décantation sous le bac, une coupure d’électricité peut être dramatique…
> pour finir, le principe même de la cascade implique à la fois une très bonne oxygénation et un dégazage important du CO2, ce qui ne convient pas aux bacs très plantés mais correspond tout à fait aux besoins d’un bac de cichlidés africains des grands lacs.

¤ Le filtre compact extérieur :

:arrow: Il en est de même que pour les internes, en beaucoup plus efficace du fait de la taille de leur cuve. Autre avantage, il n’occupe pas de place dans l’aquarium… Ce n’est pas négligeable !

:arrow: L’eau entre par le bas, traverse les masses filtrantes en remontant vers la pompe et est refoulée dans le bac. Certains sont proposés en version semi-humide, afin de privilégier les colonies bactériennes et donc une dégradation plus rapide des déchets.

:!: Les inconvénients majeurs sont, selon moi,
> l’esthétique : le ou les filtres doivent trouver un logement sous l’aquarium
> le bruit de certaines (mais on s’habitue à tout)
> le manque de facilité (surtout dû au poids)
> pas de visualisation facile de l’encrassement, même s’il est facile de déterminer un rythme de nettoyage une fois la population stabilisée.

¤ Le filtre sur lit de sable fluidisé

:arrow: Ce type de filtre ne rend plus l’opération de nettoyage obligatoire : les déchets ne peuvent plus se colmater, car le quartz qui compose la masse filtrante est constamment en mouvement. Les déchets sont tout simplement détruits par abrasion… et les bactéries colonisent le sable de façon optimale .

:!: L’inconvénient de ce type de filtre, hormis son coût pour les petits litrages, est justement cette colonie bactérienne dense, car elle consomme énormément d’oxygène… Il faut donc absolument prévoir des pompes de brassage supplémentaires. Une coupure d’électricité prolongée serait aussi mortelle pour les bactéries… et donc pour les poissons.

Elobulle © AQUA débutant

Filtration et masses filtrantes

Quelques masses filtrantes

La filtration est, à de rares exceptions près, incontournable dans le maintien correct de l’aquarium, et doit tourner 24h/24 (surtout pour les débutants), afin de permettre le brassage de l’eau (et donc favoriser les échanges gazeux) et le maintien des bactéries utiles.

Elle a pour première vocation d’éliminer les particules en suspension dans l’eau (déjection, débris de plantes, surplus d’alimentation etc…). C’est ce que l’on appelle la filtration mécanique, assurée par des masses filtrantes du type mousse, perlon/ouate.

Ces masses filtrantes doivent être nettoyées régulièrement, voire changées complètement lorsque la saleté est trop incrustée. Dans le cas d’un aquarium filtré exclusivement mécaniquement, elles sont nettoyées dans un récipient contenant de l’eau de l’aquarium et il est bon de prévoir au moment du nettoyage des bactéries vivantes à réensemencer pour éviter leur diminution trop brutale (qui entraînerait un pic de nitrite et donc un danger potentiellement mortel pour les poissons). Lorsque l’on utilise ce type de filtre, il faut également surveiller le moindre signe d’asphyxie des poissons (possibilité de nitrites dans l’eau) car l’équilibre est alors très instable. La filtration exclusivement mécanique est donc à déconseiller, pour les débutants.

En effet, nous avons vu dans l’article consacré au cycle de l’azote que ces bactéries utiles colonisent différents supports, tel que les masses filtrantes ou le sable du sol. Pour favoriser leur multiplication et leur maintien, on utilise dans le filtre des masses filtrantes biologiques. Celles-ci se présentent sous des formes diverses plus ou moins évoluées (pierres poreuses, nouilles de céramique, bioballes etc..) et donc plus ou moins chères. Ce qu’il faut retenir principalement, c’est qu’elles colonisent tous les supports, particulièrement poreux. L’idée est donc de conserver le matériau intact et propre de façon à le « laver » le moins souvent possible.
Ces masses filtrantes se placent donc après la filtration mécanique, qui doit retenir le maximum de déchets (exception faite des filtres semi-humides dont nous reparlerons, où le matériau de filtration biologique se situe en premier). Lorsqu’il devient nécessaire de les nettoyer, un léger « secouage » pour ôter le gros des déchets suffit, toujours dans un récipient d’eau du bac.

Le moins cher de ces matériaux de filtration biologique neutre est la pouzzolane, que l’on peut trouver dans les magasins de bricolage au rayon « fosses sceptiques », où elle a d’ailleurs le même usage de support bactérien (nous verrons plus loin qu’il est également possible d’utiliser de la litière pour chat 100% naturelle).

Viennent après les matériaux de filtration non neutres ou chimiques , c’est-à-dire qu’ils ont une action sur l’eau. Pami eux, on compte le charbon, la tourbe, ou encore les résines, qui ont des fonctions différentes, sont à usage ponctuel et peuvent s’annihiler entre elles :

¤ le charbon, le plus connu, est souvent conseillé à tout va par les vendeurs aquariophiles. Il est utilisé pour capter les tanins (eau rouge/jaune) libérés par les racines disposées en décoration par exemple, mais aussi pour absorber l’ammoniaque, l’hydrogène, le méthane, les acides humiques, le CO2.. sans oublier les résidus de traitements médicamenteux.
Il apparaît évident que l’utiliser en même temps que de la tourbe (acide humique) et du CO2 pour les plantes est une hérésie… 🙄 sans oublier qu’il est dangereux de filtrer constamment sur le même charbon et que sa durée de vie est différente selon les qualités et le contenu de l’eau (de 15 jours à trois mois).

¤ la tourbe est utilisée pour acidifier l’eau et contribue à faire diminuer le pH et colore l’eau de la même façon que les racines de mangroves. Idéal pour les poissons d’eau dite « noire »…

¤ les résines anti-nitrates/ anti-phosphates, par définition, sont sensées aider à diminuer des taux trop élevés. Leur efficacité ne semble pas faire l’unanimité cependant…

– on peut aussi compter parmi les matériaux non inertes l’argile, qui permet également d’éclaircir l’eau. En outre, son action est bénéfique pour les plantes qui apprécient beaucoup… et à la différence du charbon, elle ne semble pas se saturer, donc moins dangereuse (nous parlons évidemment des argiles, 100% naturelles et sans additif de parfum ou autre). Attention toutefois à la sorte d’argile utilisée, car certaines augmentent fortement le GH et le KH ce qui n’est pas toujours terrible en bac d’eau douce.

© AQUA débutant de elobulle