Les supports bactériens de filtration

la filtration n’est pas seulement utile pour piéger les micro-particules présentes dans l’eau juste pour avoir une eau claire et esthétiquement parlant limpide, mais elle sert surtout pour pour veiller sur le cycle de l’azote. Il est important de savoir que les feuilles en décomposition, la nourriture qui n’est pas consommée etc.. vont polluer durablement le milieu et en se transformant, vont également augmenter le taux de nitrate et de phosphates, ayant pour conséquence une détérioration de l’équilibre biologique de l’aquarium.

Les plantes, plus ou moins et selon les espèces, grandes consommatrices de phosphates et nitrates, contribuent aussi à ce maintien.
Le siphonnage des déchets et les changements d’eau réguliers, sont particulièrement efficaces contre cette dégradation.

Mais ces actions ne doivent pas être les seules. En effet, une fois ces particules de taille intermédiaire à supérieure capturées par le courant optimal généré par la pompe motrice du filtre, seront partiellement ou intégralement transformées par les divers groupes de bactéries : Nitrosomas qui convertit ammoniaque en nitrite, ensuite, Nitrobacter qui convertit nitrites en nitrates et sont présentes dans certaines masses filtrante de la filtration.

Tout d’abord il faut comprendre que les plus gros déchets sont stoppés par les plus grosses masses filtrantes (type : grosse mousse bleue à large alvéoles) ensuite, vient le perlon, qui va là encore sélectionner les matières dégradées, ces deux choses s’appellent « la filtration mécanique » en laissant passer les plus infimes assimilables par la colonne bactérienne qui est la « filtration biologique ».
Cette dernière n’est pas en eau libre, ni au niveau des mousses à larges alvéoles où les supports de fixations des micro-organismes sont très limités, mais bien là, où les éléments poreux et autres structures complexes sont stockés, c’est la dernière phase de la filtration.

Des matériaux de plus en plus innovants..

Les structures ont bien évolué, surtout ces dernières années.
Pendant des décennies, nous utilisions uniquement des « nouilles de céramique » et la pouzzolane, qui d’ailleurs cette dernière, à un prix de revient défiant toute concurrence.
Le principe étant d’obtenir un maximum de surface poreuse sur laquelle les bactéries vont pouvoir évoluer et prospérer suffisamment pour assurer correctement la filtration biologique de l’aquarium.

Les différents supports bactériens..

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♣ Nouilles de céramique

Les nouilles de céramique existent en diverses tailles, elles sont adaptées à l’ensemble des compartiments de filtration.
Elles sont biologiques, logées au fond du dernier compartiment avant le rejet de l’eau, mais elles peuvent aussi être en premier, l’important étant qu’elles ne prennent pas trop la lumière, car les souches de bactéries n’apprécient pas la lumière.

C’est une matière complètement neutre qui a une porosité idéale pour la colonne bactérienne. Cela fait de nombreuses années que divers marques la commercialisent. Elles transforment les matières azotées en nitrates.

♣ La pouzzolane

Certains aquariophiles utilisent la pouzzolane qui est une roche alvéolaire issue de projections volcaniques dont le pH est neutre. Toutefois, la qualité est différente suivant les marques. Il faut faire attention si il y a un important dépôt, il faudra l’éliminer pour éviter de se retrouver avec une surface poreuse obstruée complètement..
Pour garnir le fond d’un compartiment de filtre, on préférera une petite granulométrie (il en existent plusieurs).

♣ Le verre fritté

C’est un support particulièrement poreux qui offre une grande surface pour la colonisation bactérienne.
Les marques n’hésitent pas à vous indiquer la surface effective, très souvent allant de 450 à 1500 m2 par litre d’eau.
(ex : micro mec de chez JBL, biological de chez EHEIM SUBSTRAT etc..).
A placer en dernière étape du circuit de filtration.

♣ Les bio-balles

Elles sont souvent recommandées pour une action biologique. Elles auraient en effet la même action que les matériaux précedents.
Cependant, certains nous disent que avec une structure lisse comme le plastique, il n’est pas possible que les souches de bactéries puissent se nicher correctement. On la considère donc plus comme une filtration mécanique, mais toutefois bien efficace en tant que préfiltre. Ce n’est donc pas un matériau à banir, mais plutôt à mettre en préfiltration juste à l’arrivée de l’aspiration de l’eau.
(Je les utilise dans le même compartiment que ma mousse bleu à grosses alvéoles en préfiltration, je trouve ce matériau très bien).

♣ Les mousse synthétiques

Pour une filtration mécanique en général.
Toutefois, certaines mousses micro-alvéolées sont également adaptées maintenant pour une filtration biologique. En effet, elles sont facilement colonisées par les bactéries nitrifiantes grâce à leurs orifices de très petite taille.
On trouve sur le marché actuel, de plus en plus de mousses synthétiques différentes et proposées déjà découpées pour le panier du filtre type de la marque.
Elles sont utiles pour différentes étapes de la filtration et sont à placer aux endroits bien précis dans le filtre que nous indique bien souvent la marque.

Aprés il existe aussi bien moins cher : ce sont des grand carrés de mousses vendus en un seul gros bloc avec des alvéoles de différentes tailles. On doit alors découper soi-même dans ce bloc de mousse, afin d’adapter la dimension de la mousse à son propre filtre.

♣ La ouate perlon

Cette ouate synthétique filtrante est composée de fibres de perlon à fine structure. Ce perlon effectue une microfiltration mécanique. Il se place souvent en dernier, juste avant le rejet de l’eau dans le bac. Toutefois, il est possible aussi de le placer en préfiltration.
Son but est de retenir les impuretés (déchets organiques). Cette ouate protège aussi votre filtre pompe de gros débris qui endommageraient le rotor.
Attention cette ouate de filtration mécanique ne doit pas remplacer une filtration biologique bien qu’elle y participe un peu.
On utilise cette ouate de perlon en complément d’autres masses de filtration.
Il faut bien la rincer à l’eau tiède et ensuite à l’eau froide, la ouate de perlon s’adapte à tout type de panier de filtration ou même de boitier de décantation.

©Texte : framboizz pour AQUA débutant, sur base d’un article paru dans Aquamag

Filtration et masses filtrantes

Quelques masses filtrantes

La filtration est, à de rares exceptions près, incontournable dans le maintien correct de l’aquarium, et doit tourner 24h/24 (surtout pour les débutants), afin de permettre le brassage de l’eau (et donc favoriser les échanges gazeux) et le maintien des bactéries utiles.

Elle a pour première vocation d’éliminer les particules en suspension dans l’eau (déjection, débris de plantes, surplus d’alimentation etc…). C’est ce que l’on appelle la filtration mécanique, assurée par des masses filtrantes du type mousse, perlon/ouate.

Ces masses filtrantes doivent être nettoyées régulièrement, voire changées complètement lorsque la saleté est trop incrustée. Dans le cas d’un aquarium filtré exclusivement mécaniquement, elles sont nettoyées dans un récipient contenant de l’eau de l’aquarium et il est bon de prévoir au moment du nettoyage des bactéries vivantes à réensemencer pour éviter leur diminution trop brutale (qui entraînerait un pic de nitrite et donc un danger potentiellement mortel pour les poissons). Lorsque l’on utilise ce type de filtre, il faut également surveiller le moindre signe d’asphyxie des poissons (possibilité de nitrites dans l’eau) car l’équilibre est alors très instable. La filtration exclusivement mécanique est donc à déconseiller, pour les débutants.

En effet, nous avons vu dans l’article consacré au cycle de l’azote que ces bactéries utiles colonisent différents supports, tel que les masses filtrantes ou le sable du sol. Pour favoriser leur multiplication et leur maintien, on utilise dans le filtre des masses filtrantes biologiques. Celles-ci se présentent sous des formes diverses plus ou moins évoluées (pierres poreuses, nouilles de céramique, bioballes etc..) et donc plus ou moins chères. Ce qu’il faut retenir principalement, c’est qu’elles colonisent tous les supports, particulièrement poreux. L’idée est donc de conserver le matériau intact et propre de façon à le « laver » le moins souvent possible.
Ces masses filtrantes se placent donc après la filtration mécanique, qui doit retenir le maximum de déchets (exception faite des filtres semi-humides dont nous reparlerons, où le matériau de filtration biologique se situe en premier). Lorsqu’il devient nécessaire de les nettoyer, un léger « secouage » pour ôter le gros des déchets suffit, toujours dans un récipient d’eau du bac.

Le moins cher de ces matériaux de filtration biologique neutre est la pouzzolane, que l’on peut trouver dans les magasins de bricolage au rayon « fosses sceptiques », où elle a d’ailleurs le même usage de support bactérien (nous verrons plus loin qu’il est également possible d’utiliser de la litière pour chat 100% naturelle).

Viennent après les matériaux de filtration non neutres ou chimiques , c’est-à-dire qu’ils ont une action sur l’eau. Pami eux, on compte le charbon, la tourbe, ou encore les résines, qui ont des fonctions différentes, sont à usage ponctuel et peuvent s’annihiler entre elles :

¤ le charbon, le plus connu, est souvent conseillé à tout va par les vendeurs aquariophiles. Il est utilisé pour capter les tanins (eau rouge/jaune) libérés par les racines disposées en décoration par exemple, mais aussi pour absorber l’ammoniaque, l’hydrogène, le méthane, les acides humiques, le CO2.. sans oublier les résidus de traitements médicamenteux.
Il apparaît évident que l’utiliser en même temps que de la tourbe (acide humique) et du CO2 pour les plantes est une hérésie… 🙄 sans oublier qu’il est dangereux de filtrer constamment sur le même charbon et que sa durée de vie est différente selon les qualités et le contenu de l’eau (de 15 jours à trois mois).

¤ la tourbe est utilisée pour acidifier l’eau et contribue à faire diminuer le pH et colore l’eau de la même façon que les racines de mangroves. Idéal pour les poissons d’eau dite « noire »…

¤ les résines anti-nitrates/ anti-phosphates, par définition, sont sensées aider à diminuer des taux trop élevés. Leur efficacité ne semble pas faire l’unanimité cependant…

– on peut aussi compter parmi les matériaux non inertes l’argile, qui permet également d’éclaircir l’eau. En outre, son action est bénéfique pour les plantes qui apprécient beaucoup… et à la différence du charbon, elle ne semble pas se saturer, donc moins dangereuse (nous parlons évidemment des argiles, 100% naturelles et sans additif de parfum ou autre). Attention toutefois à la sorte d’argile utilisée, car certaines augmentent fortement le GH et le KH ce qui n’est pas toujours terrible en bac d’eau douce.

© AQUA débutant de elobulle